Investissements étrangers : la France maintient le cap

Face à la crise, la France demeure un pôle solide d’investissement pour les entreprises étrangères qui ont lancé 639 projets sur le territoire en 2009, soit un peu plus qu’avant septembre 2007. Les atouts majeurs du pays restent l’excellente qualité de sa main d’oeuvre et des mesures fiscales favorables.
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L’Agence française pour les investissements internationaux (AFII) a des raisons de se réjouir. Selon son dernier rapport présenté début mars 2010, 639 projets d’investissements étrangers ont démarré en 2009 soit presque autant qu’en 2008 (641) mais surtout un peu plus qu’avant la crise économique (624 en 2007). Signe donc de la bonne santé de l’attractivité française qui séduit notamment par la qualité et la formation de sa main d’oeuvre, mais aussi par des mesures fiscales facilitant l’implantation des entreprises et par un réseau dense et performant de transports. Ces nouveaux projets devraient permettre de créer ou de maintenir 29 889 emplois en France. Une bonne nouvelle donc pour l’économie française.

Si les investissements sont moins vastes et ambitieux qu’auparavant, la plupart d’entre eux ne concernent que des petites structures - la moitié de ces projets s’appliquent à des sites n’employant que moins de 20 personnes, c’est que la tendance 2009 est à l’envolée du secteur tertiaire notamment dans la recherche et le développement ainsi que dans le conseil. Des activités naturellement mises en place par des PME qui d’ailleurs forment 38% de la cuvée 2009 des ces investisseurs. Les activités manufacturières traditionnelles, elles, sont plus en retrait.

Ainsi Huawei, grosse entreprise de télécommunication chinoise, a créé des centres de recherches en France et ne regrette pas son choix. Non seulement, la France est reconnue pour son innovation dans les hautes technologies et les télécommunications, une réputation qui n’a pas échappé à l’entreprise chinoise, mais Huawei trouve aussi à proximité de ses centres de recherches les fournisseurs de ces technologies de composants et la main d’oeuvre qualifiée dont elle a besoin.

Autre avantage non négligeable pour Huawei, la France bénéficie du crédit impôt recherche le plus attractif d’Europe. En effet, cette mesure fiscale créée en 1983 et modifiée en 2008 permet un crédit d’impôt de 30 % des dépenses de R&D jusqu’à 100 millions d’euros et 5% au-delà de ce montant.
Les entreprises entrant pour la première fois dans le dispositif bénéficient d’un taux de 50 % la première année puis de 40 % la deuxième année.

Autre indicateur positif : 62% des investissements étrangers 2009 se concrétiseront par des créations de site. « Un signe de confiance à l’égard de la France » a souligné la ministre française de l’Economie et des Finances, Christine Lagarde. Les entreprises étrangères, qui détiennent 39,2% des sociétés du CAC 40 (le principal indice boursier de la place de Paris), semblent rassurées par une économie française où le marché de la consommation résiste, où l’économie sociale est solide, où l’innovation est soutenue et réputée pour ses infrastructures de pointe, particulièrement dans des secteurs porteurs comme les énergies renouvelables.

Nouveauté 2009, c’est une première, ce ne sont plus les Etats-Unis mais l’Allemagne qui devient le premier investisseur étranger en France puisqu’elle est à l’origine de 18% de ces projets. Ainsi, ESG, une entreprise d’origine allemande, spécialisée dans la défense, l’aéronautique et l’automobile a choisi la France pour s’implanter. Un choix qu’elle justifie tout d’abord grâce à la qualité de l’accueil, mais aussi grâce à la réputation d’innovation des constructeurs français au plan européen et qui la placent en tête dans les trois secteurs de travail d’ESG.

Quoique détrôné cette année, les Etats-Unis avec 17% des projets talonne de près l’Allemagne. General Electric a prévu d’investir 45 millions d’euros pour créer un centre de recherche dans le quartier d’affaires de la Défense, à proximité de Paris. Et si la majorité des investissements étrangers se font en Ile-de-France, en région Provence-Alpes-Côte d’Azur ou Rhône-Alpes, d’autres régions savent aussi séduire les entreprises. Ainsi, l’Américain GlaxoSmithKline Biologicals, numéro deux mondial de l’industrie pharmaceutique, a d’abord choisi la région Nord-Pas de Calais pour l’accueil de la région et son accompagnement durant l’implantation du projet, mais aussi à cause de la réputation de la qualité du travail et grâce à un réseau de transport dense et disponible.

Des atouts que l’entreprise brésilienne, Embraer Aviation internationale a trouvé en région parisienne cette fois-ci à proximité de l’aéroport Roissy Charles de Gaulle. Là encore, le choix de la France comme lieu d’implantation s’est fait d’abord grâce à la qualité de sa main d’oeuvre. La position géographique du pays sur la carte européenne a eu aussi son importance ainsi que sa proximité avec l’Afrique du Nord, zone de prospectives pour l’entreprise brésilienne.

Pourtant l’Agence française pour les investissements internationaux souhaiterait que davantage d’entreprises de pays émergents, tel Embraer, investissent en France. Dans des pays comme la Chine, l’Inde, le Brésil, la Turquie ou les pays du Golfe, la France bénéficie d’abord d’une image de destination touristique et les entrepreneurs n’ont pas encore le réflexe de prospecter dans l’hexagone pour implanter leurs sociétés. Une image que l’AFII veut modifier et enrichir, en ajoutant à l’attrait touristique traditionnel, le volet économique en présentant les différents avantages et facilités d’une implantation en France. Elle a donc lancé début mars une campagne intitulée « France-Expect more » en direction de la presse et des médias Internet de ces pays cibles pour bousculer les préjugés et ouvrir de nouvelles perspectives.

Car l’AFII propose non seulement aux entreprises étrangères intéressées par un éventuel investissement en France son expertise et ses conseils, mais joue aussi un rôle de « facilitateur » dans les démarches légales et administratives. Elle souligne et précise aux sociétés les avantages financiers possibles de leurs installations selon la région et le domaine d’activité choisis. Véritable guide des entreprises étrangères, l’AFII leur permet aussi d’accélérer les procédures, les rendant très concrètement bienvenues en France.

Pascale Bernard

Site Internet : Agence française pour les investissements

Dernière modification : 22/03/2010

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