Café des Sciences 22 Septembre Meredith Burke & Victoria Milko

Café des Sciences du 22 Septembre 2010
Intervenant : FBI SA Meredith Burke and SA Victoria Milko.
Titre : FBI’s Evidence Reponse Team - Collection of Evidence at a Crime Scene
Thématique : Police scientifique

En septembre, le café des sciences a été animé par deux agents spéciaux (SA) du Federal Bureau of Investigation (FBI), membres de l’Evidence Response Team (ERT) basée à Los Angeles. La SA Burke a rejoint le FBI il y a 10 ans environ, après une carrière d’avocate et est aujourd’hui chef d’équipe senior au sein de l’ERT. La SA Milko aquant a elle rejoint le FBI il y a environ 3 ans et est titulaire d’un master en criminalistique et d’un formation en droit. Elle est actuellement chef d’équipe à l’ERT de Los Angeles.

La SA Burke a tout d’abord présenté le rôle de l’ERT, qui est d’identifier et de collecter les indices laissés sur une scène de crime. La mission de cet organe du FBI est extrêmement spécialisée et ne comprend pas l’analyse en laboratoire des éléments collectés. 56 équipes de ce type couvrent l’ensemble du territoire américain, chacune étant rattachée à une antenne locale du FBI, ce qui représente environ 1200 personnes. Les membres de ces équipes sont des agents du FBI travaillant au sein de départements très divers (agents de terrain, experts, personnels de soutien) et ayant choisi d’intégrer l’ERT. Ils reçoivent une formation de 80 heures sur les techniques de criminalistique et travaillent au sein de l’ERT en supplément de leur affectation principale.

La juridiction du FBI (et par conséquent celle de ses ERT) couvre des domaines très divers. Les ERT sont appelées à travailler sur les scènes de crime relatives à des cas de terrorisme domestique ou international, les crimes commis dans les eaux internationales, à l’étranger (lorsqu’ils concernent des citoyens américains), sur des voies de communication inter-état ou sur des terrains appartenant au gouvernement fédéral. Le FBI est également en charge des cas d’enlèvement, de cyber-criminalité ou de fusillades impliquant des agents des forces de l’ordre. Enfin, l’expertise des ERT est parfois mise à contribution pour assister à l’identification des victimes causées par des catastrophes naturelles ou pour former des agences de maintien de l’ordre locales.

La procédure suivie par l’ERT comprend 12 étapes, dont 8 sont dédiées à la préparation de la scène de crime en vue de l’inspection. De nombreux schémas et photographies sont réalisés tout au long de la procédure, afin de documenter au mieux la scène et collecter un maximum d’information. Cette procédure es t généralement si efficace qu’il n’est pas nécessaire aux experts de l’ERT de venir témoigner lors du procès. Les types d’information et d’indices collectés sont très divers : empreintes digitales, ADN, marques de pneus, de chaussures ou d’outils, trajectoires de projectiles, éclaboussures de sang, « traces ».

La SA Milko a ensuite détaillé la procédure de collecte d’échantillons ADN sur une scènes de crime. Deux types d’ADN peuvent être collectés sur différents éléments d’une scène de crime : l’ADN nucléaire peut en collecté sur les objets ayant été tenus par une personnes, dans les fluides corporels ou les selles. L’ADN mitochondrial est quant à lui surtout présent dans les os ou les dents. L’ADN est un élément important sur une scène de crime : il est en effet possible d’obtenir des informations à partir de quantités très faibles de prélèvement, grâce à des techniques robustes et bien connues des laboratoires. De plus, il est très difficile de faire disparaître totalement toute trace d’ADN, même pour un criminel méticuleux. Les échantillons collectés sont traités et les résultats sont comparés à une base de donnée d’empreintes génétiques.

Appelée CODIS (Combined Dna Index System : Système d’Index d’ADN combiné), cette base de donnée nationale est semblable à celle qui existe pour les empreintes digitales. Elle comprend différents niveaux de classement, géographiques ou reliés à la nature du prélèvement. Chaque prélèvement est en effet classé dans une catégorie, selon qu’il appartient a une personne identifiée, qu’il a été collecté sur une scène de crime ou qu’il appartient à un proche parent d’une personne disparue. La législation concernant l’entrée de données dans cette base varie en fonction des Etats : en Californie, par exemple, toute personne arrêtée est automatiquement soumise à un prélèvement tandis que dans d’autres Etats, cette procédure ne s’applique qu’aux personnes inculpées. Dans chaque prélèvement, 13 sites déterminés sont étudiés, et donnent une empreinte caractéristique d’un individu unique. Le niveau de priorité d’accès à la base des empreintes déjà collectées pour comparaison d’un échantillon dépend du niveau d’accréditation de l’organisme qui effectue la demande et de la nature de l’enquête concernée. Le temps d’attente peut parfois atteindre près d’un an.

Les SA Burke et Milko ont par la suite organisé deux ateliers présentant respectivement l’utilisation des Sources de Lumière Alternatives (lampes UV) pour la détection de fluides vitaux sur une scène de crime et les techniques d’identification et de collecte de ces indices. Ces ateliers et les discussions qui ont suivi ont été l’occasion d’engager des discussions très enrichissantes sur les aspects légaux ou techniques de cette activité. Le rôle important de l’ERT (et ses limites) au cours d’une enquête a été évoqué par le biais d’exemples concrets d’enquêtes menées à Los Angeles ou à proximité.

Dernière modification : 08/11/2010

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