Mémorial de la Shoah à Drancy : "La liberté ne souffre aucune négligence, aucun abandon"

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Inauguration du Mémorial de Drancy - Discours du président de la République, M. François Hollande - Drancy, 21 septembre 2012

- Extraits -

"Il ne s’agit plus d’accuser. La justice est passée. Parfois elle est arrivée trop tard. Il ne s’agit pas non plus d’établir la vérité : nous la connaissons, nous en connaissons aussi l’horreur. Aujourd’hui, il s’agit de transmettre.
C’est l’esprit de ce mémorial.

La transmission : là réside l’avenir de la mémoire. J’ai été vraiment fier d’être au milieu des jeunes. Je voudrais qu’ils soient eux-mêmes conscients de ce qu’ils ont vécu aujourd’hui, de ce qu’ils ont eux-mêmes cherché, découvert et de ce qu’ils ont aussi mis à leur niveau en lumière. Qu’ils se souviennent de cette journée, les élèves des écoles, celles qui ont chanté et celles et ceux qui m’ont accompagné. Parce que c’est à eux, maintenant, que revient cette tâche de continuer la chaîne du souvenir.

Parce que le moment arrive où le temps aura eu raison de l’énergie des survivants. Bientôt il n’y en aura plus. Nous devons former l’esprit des générations à venir. "

Un grand Résistant, Pierre Brossolette - qui, je le rappelle, choisit de mourir pour ne pas courir le risque de parler - affirmait ainsi, en 1943, à propos des enfants humiliés et des héros anonymes de la guerre : « Ce qu’ils attendent de nous, ce n’est pas de les plaindre, c’est de les continuer. Ce n’est pas un regret mais un serment ; ce n’est pas un sanglot mais un élan. »

Avec cette même question que nous nous posons au plus profond de notre esprit : comment cette horreur a-t-elle été possible ?
Cette question nous taraude. Oui, c’est une interrogation fondamentale, sur nous-mêmes, sur ce que nous sommes, sur ce dont l’Homme est capable. Comment, dans notre pays, la France des Lumières, la France des droits de l’Homme, la France de la Révolution française, comment s’était-il trouvé assez de bourreaux pour aller chercher chez elles des familles désarmées ? Comment s’était-il trouvé assez de lâches pour les laisser faire, détourner le regard ? Comment a-t-on pu, ici, à 15 kilomètres de Paris, laisser s’installer une telle souffrance dans cette antichambre de la mort, sans qu’il y ait des sursauts d’honneur ou de pitié pour qu’un certain nombre de ces innocents soient retirés des mains de leurs bourreaux ?

Permettez-moi de rendre hommage à ceux qui ont permis de sauver les trois quarts des juifs de notre pays. Je salue la mémoire des Justes de France. Je rappelle les Résistants qui, au nom de la France libre, se sont levés, à Londres et dans les maquis. Mais aussi la mémoire de toutes ces femmes et de tous ces hommes qui ont su, jour après jour, et ils étaient nombreux et soyons fiers d’eux, garder le sens de la dignité, parfois par de petits gestes qui étaient des bravoures, de petites choses qui étaient des prouesses dont ils n’avaient pas toujours conscience. Au camp des Milles se dresse le « Mur des actes justes », c’est une belle formule « les actes justes ». Ce mur atteste que les plus humbles comportements d’une vie peuvent suffire à situer un être du côté de l’honneur face à l’horreur. À la banalité du mal s’oppose la modestie du bien. Le bien n’a pas besoin d’être reconnu, il ne cherche pas la gratification. Le bien, il donne, il ne reçoit pas. C’est aussi une belle leçon de Drancy. Elle doit être transmise aussi aux générations, la leçon du bien."

__ M. François Hollande, Président de la République __

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Informations pratiques

Mémorial de la Shoah, Drancy
110-112 avenue Jean-Jaurès
93700 Drancy
Tél : 01 42 77 44 72 - contact@memorialdelashoah.org
Website : www.memorialdelashoah.org

Le Mémorial est ouvert du dimanche au jeudi, de 10h à 18h.
Fermé certains jours fériés nationaux et certains jours de fêtes juives.

- A l’occasion de l’ouverture du Mémorial, une programmation exceptionnelle est proposée jusqu’au 28 octobre 2012.

Dernière modification : 02/10/2012

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