Les vins de Bourgogne font un carton à l’export

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La 152 ème Vente des Vins des Hospices de Beaune, réalisée le 18 novembre 2012, traduit la bonne santé des vins de Bourgogne. Si elles n’ont pas encore retrouvé les niveaux de 2008, les expéditions mondiales de vins de Bourgogne reprennent le chemin des sommets.

La Vente de 44 cuvées (31 cuvées de vin rouge et 13 de vin blanc), dont une très grande majorité de Grands Crus, a enregistré 5,26 millions d’euros - un record - de recettes destinées principalement à des œuvres caritatives. Le centre hospitalier Philippe Le Bon de Beaune en est aussi le bénéficiaire ce qui lui permet de moderniser ses bâtiments et ses installations techniques. Cette vente, qui sert de référence pour définir le prix du Bourgogne, représente, avec le dîner de gala de la Confrérie des Chevaliers du Tastevin au Château du Clos de Vougeot organisé la veille de la vente, l’une des grandes opérations de promotion des vins de Bourgogne à l’international.




Une forte renommée internationale

Avec 200 millions de bouteilles élaborées chaque année pour 28.320 ha (5% de la production française), la Bourgogne est un petit vignoble en volume dans le monde du vin. Si la production bourguignonne offre moins de choix que le Bordeaux, elle propose des produits phares. Chablis, Meursault, Nuits Saint Georges, Pommard, Puligny Montrachet, Vosne Romanée, etc.
Ces appellations, qui bénéficient d’une très forte renommée en France et à l’étranger, offre des vins parmi les plus convoités et, pour certains, parmi les plus chers au monde. Résultat, près d’une bouteille de Bourgogne sur deux est vendue à l’étranger soit 96 millions de bouteilles.


Et les records à l’export s’accumulent. Selon Pierre-Henri Gagey, président du Bureau Interprofessionnel des Vins de Bourgogne (BIVB) « après avoir été touché par la crise économique, le vignoble de Bourgogne a su profiter de la reprise des flux mondiaux de vin notamment sur les marchés asiatiques ».


Le chiffre d’affaires des vins de Bourgogne à l’export est en hausse de 15 % sur les huit premiers mois de 2012, par rapport à la même période de 2011, pour s’élever à 457 millions d’euros retrouvant ainsi son niveau de 2007. Cette tendance confirme les excellents résultats de la campagne 2011 / 2012 (+15% pour un chiffre d’affaires de 719 millions d’Euros).



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Des marchés porteurs
Le volume exporté est en dessous de celui de 2007 en raison de la forte baisse des ventes au Royaume-Uni surtout pour les vins blancs. Conséquence, avec 93,5 millions de chiffre d’affaires (+ 13% sur la période de référence), les Etats –Unis continuent d’être le 1er marché export de la Bourgogne devant le Royaume-Uni (73,5 millions d’euros, + 17% en valeur mais avec une croissance nulle en volume).

La zone asiatique constitue un marché à fort potentiel. Le Japon se maintient à la 3ème place en valeur avec 70,4 millions d’euros (+ 34%) pour les vins de Bourgogne avec une consommation qui avait atteint un niveau record en 2011 malgré la catastrophe de Fukushima. Ces trois premiers marchés représentent, sur les huit premiers mois de 2012, la moitié des exportations de Bourgogne soit près de 28 millions de bouteilles pour 237 millions d’euros de chiffres d’affaires.


Le Canada engrange de bons résultats (+10% en valeur et + 12% en volume) pour se maintenir à la 4ème place ceci grâce à une forte hausse des ventes au Québec.
Il est suivi par la Chine continentale et Hong Kong qui représentent un marché qui explose avec des hausses de près de 44% des ventes en valeur (à 27,55 millions d’euros) et de 31% en volume pour les huit premiers mois de 2012, par rapport à la même période de 2011. Les chinois privilégient la qualité à la quantité et les grands noms de Bourgogne sont ainsi favorisés par cet état d’esprit. Cette curiosité a aussi été attisée par le rachat, récent, du château de Gevrey Chambertin par un investisseur chinois. Une opération qui a suscité des inquiétudes en Bourgogne quant à l’avenir de la propriété. Mais, pour Philippe Longepierre, directeur du pôle Marché et Développement du BIVB, « cette opération, d’un montant de 8 millions d’euros « n’est pas une mauvaise chose car le nouveau propriétaire a confié les deux hectares de vignes à un éleveur bourguignon ».



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Quelques zones d’ombre

Comme tous les vins français les Bourgogne souffrent d’un manque de lisibilité car il est compliqué pour un consommateur de s’y retrouver parmi toutes les appellations. « La Bourgogne possède un charme énorme, assure Philippe Longepierre, mais le vin est difficile à lire. Certes avec des cépages comme le chardonnay et le pinot noir il y a une forte visibilité et une fois le vin dégusté, le consommateur y prend goût et achète des produits plus haut de gamme ». Cependant, les vins du Nouveau Monde (Argentine, Australie, Chili notamment) en profitent aussi en commercialisant leurs produits avec la seule mention du cépage. Avec un rapport qualité-prix attrayant, ils sont devenus ainsi de sérieux concurrents pour les vins bourguignons.


La Bourgogne table également sur la qualité reconnue de ses produits pour progresser à l’export. Et la région française souhaite aussi développer l’oenotourisme pour attirer une clientèle non-européenne, latino-américaine et russe notamment, qui pourrait devenir consommatrice de ces fameux crus. Et contrebalancer ainsi les effets des barrières protectionnistes.


Enfin, la lutte contre la contrefaçon est aussi l’une des priorités de la profession. Ainsi, en Chine vous pouvez trouver des bouteilles de Romanée Conti – le vin rouge le plus prisé de Bourgogne – qui se révèlent être du vin blanc pétillant de mauvaise qualité.

 Article par Olivier Bove



Sites internets :

http://www.vins-bourgogne.fr

http://www.hospices-de-beaune.com

http://www.closdevougeot.fr

Dernière modification : 11/12/2012

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