La coiffure française, une référence internationale

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L’image de Paris capitale de la mode participe incontestablement à l’engouement des pays étrangers pour la coiffure française. Mais si cette réputation d’excellence perdure, c’est que les professionnels savent, entre perfection et inventivité, imposer leur style sur la scène mondiale.

Tout comme les sportifs de haut niveau, des coiffeurs créatifs et talentueux se mesurent à l’occasion de compétitions internationales. Le Hairworld 2012, le prestigieux Championnat du monde, a battu des records à Milan : 35 000 visiteurs ont assisté aux trois jours de compétition. 1 100 concurrents, venus de 56 pays, se sont affrontés dans les 38 catégories présentées. L’Organisation mondiale de la coiffure, qui orchestre les championnats internationaux, compte parmi ses adhérents plus de 60 organisations professionnelles et un million de salons dans le monde entier. Vainqueur en 2010, l’équipe la France a fait moisson de médailles au Hairworld de Milan, que ce soit dans les épreuves imposées, très difficiles à réaliser, dans la catégorie technique, très classique, ou dans la catégorie mode avec ses couleurs excentriques et ses coupes très spéciales.

La coiffure est un métier de passionnés, comme le constate Anne Delannoy, directrice générale adjointe de la Fédération nationale de la coiffure (FNC) : « Ils aiment leur métier. Ils multiplient les formations, les stages « chignons », « tendances », « extensions »… A la Fédération, nous produisons deux collections par an : ils se battent pour entrer dans les équipes de création ».

Pour devenir membre de l’équipe de France de la coiffure, il faut être sacrément motivé. Les coiffeurs sélectionnés n’ont rien à envier aux athlètes de haut niveau. Des entraîneurs exigeants veillent à développer leur technicité, leur célérité et leur créativité. Cela nécessite beaucoup de travail et de discipline mais la compétence et la reconnaissance sont au rendez-vous : « Gagner les concours donne un envol, un prestige qui permet de percer rapidement au niveau international », note Raphaël Perrier, président de l’association FNC Concours.

La coiffure française, dont le chiffre d’affaires estimé à près de 6 milliards d’euros, constitue l’une des activités commerciales les plus denses du pays avec 1 salon pour 854 habitants. Elle a toujours eu une image d’excellence, représentée à haut niveau par l’organisation privée Haute Coiffure Française, un groupement dynamique qui réunit dans le monde entier les élites de la profession de la coiffure : 1 500 entreprises réparties dans 36 pays. Les salons de coiffure haut de gamme japonais, indiens, thaïlandais, brésiliens, canadiens, européens, se bousculent pour adhérer à ce club très select et assister aux présentations de ses collections où ils découvriront les tendances dont ils s’inspireront ensuite chez eux. Les grandes enseignes, comme L’Oréal, Dessange ou Franck Provost, constribuent aussi bien sûr à cette réputation.

Loin de se figer, « la profession s’est éclatée, ce qui la rend très vivante, souligne Anne Delannoy. Nous formons 37 000 jeunes chaque année. Il y a beaucoup d’écoles, publiques et privées, et beaucoup d’entre elles ont des partenariats à l’étranger. La qualité de nos formations est reconnue, à commencer par la formation initiale de quatre ans, avec possibilité d’une mention complémentaire en un an. Quant à la formation continue, elle est particulièrement bien prise en charge et développée dans ce métier ».

On retrouve ces professionnels sur tous les continents, dans de nombreux pays qui sont en outre très demandeurs de formations dispensées par les équipes de la FNC. Les académies, les écoles internationales choisissent très souvent des Français comme directeurs artistiques. « La coiffure française est réputée partout », affirme Raphaël Perrier. Comme en patinage artistique, il y a un style français ! Ce n’est pas une question de modernité : les crânes rasés et mèches sur l’avant qui sévissent à Londres en ce moment mettront plusieurs saisons à arriver à Paris et encore seront-ils largement nuancés. La « french touch » tant prisée se compose « de glamour, de légèreté, de romantisme, de rondeur, de douceur, d’harmonie », précise Raphaël Perrier, qui met en avant d’autre atouts : « nous avons l’habitude des cheveux de toute couleur et de toute nature, nous sommes davantage à l’écoute et nous arrivons à nous adapter ».

Le salon Mondial Coiffure Beauté 2013 de Paris se tiendra fin décembre à la Grande Halle. C’est le rendez-vous international incontournable : en 2012 il a attiré 24 400 visiteurs professionnels provenant de 39 pays. Le prochain Hairworld est programmé à Francfort en 2014. En attendant, un mot en avant-première de la tendance printemps-été de cette année : après un hiver plutôt court et blond, misez sur des couleurs plus chaudes, des cheveux un peu repoussés en arrière, des mèches et franges assez longues, dégradées mais conservant leur épaisseur !

Sylvie Thomas
Pour en savoir plus :
www.fnc.fr

Dernière modification : 14/03/2013

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