La France dynamise sa recherche scientifique

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European Southern Observatory (E.S.O.), télescopes du Paranal, Chili, 2006
© MAEE - photo Ph. Barré

1/ Adoption d’une stratégie nationale de recherche

La ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche a présenté en conseil des ministres le 20 mars 2013 la stratégie nationale de recherche dont la France va se doter pour les prochaines années

Dynamiser la recherche est un objectif du projet de loi relatif à l’enseignement supérieur et à la recherche. Avec la priorité accordée à la réussite étudiante, cette nouvelle ambition pour la recherche donne à l’enseignement supérieur et à la recherche une place essentielle dans le redressement du pays et dans la construction d’un nouveau modèle français, à l’instar de ce qu’ont entrepris l’Allemagne avec le programme « High Tech Stratégie 2020 », le Royaume-Uni et ses « 8 priorities » ou le Japon avec le programme post-Fukushima « Rebirth Japan ».

Investir dans la recherche c’est faire le pari de la compétitivité, dans un monde en pleine mutation technologique, scientifique, économique, sociétale, environnementale. Les pays voisins de la France, tout comme les pays émergents, ont fait de l’enseignement supérieur et de la recherche une priorité.

Avec l’élaboration d’un agenda stratégique de la recherche définissant les priorités d’ici à 2020, « France Europe 2020 », l’Etat retrouve son rôle de stratège. Pour cela, le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche s’appuiera sur un conseil scientifique qui remplacera les deux conseils actuels. Ce conseil stratégique de la recherche bénéficiera des compétences des Alliances thématiques qui regroupent les organismes de recherche, avec une mission transversale du Centre national de la recherche scientifique, présent dans toutes les alliances. L’agenda sera finalisé en septembre prochain et sa mise en œuvre fera l’objet d’un suivi bi-annuel par le Parlement et d’une évaluation annuelle de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques.

Cet agenda contribuera à répondre aux grands enjeux que sont la lutte contre le changement climatique et la gestion sobre des ressources, la transition énergétique, la ré-industrialisation, la santé, la sécurité alimentaire, la mobilité et les systèmes urbains durables. Ses préconisations seront harmonisées avec le grand programme de recherche européen Horizon 2020 ainsi qu’avec ceux développant les technologies clefs et l’innovation. La recherche fondamentale française, d’un excellent niveau, comme l’attestent les prix Nobel et médailles Fields, sera préservée tandis que la recherche technologique, trop faible aujourd’hui, fera l’objet d’actions spécifiques, ainsi que le transfert qui permet le passage de l’invention à l’innovation et la création d’emplois dans de nouvelles filières.

L’élaboration d’une stratégie nationale de recherche doit servir de base à la construction d’un projet de société fondé sur la connaissance et l’innovation, seul capable de relever les défis du 21ème siècle.

2/ Un projet de loi incitant a la mobilité internationale

La ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche a présenté un projet de loi relatif à l’enseignement supérieur et à la recherche.

Ce projet de loi répond à une priorité, celle de la réussite étudiante, avec l’objectif de parvenir à 50 % de diplômés du supérieur dans chaque classe d’âge. Pour cela, il réforme le cycle de la licence et affirme la continuité entre le secondaire et le supérieur et le rapprochement entre toutes les filières post-baccalauréat. Il accorde une attention particulière à l’orientation avec une spécialisation progressive dans le premier cycle de la licence, à l’innovation pédagogique avec le développement de l’enseignement numérique et la formation par alternance, et à l’incitation à la mobilité internationale des étudiants et des chercheurs ainsi qu’à l’accueil d’étudiants étrangers avec des cours adaptés.

Il repose sur un principe : le décloisonnement, entre les disciplines, entre les cursus, entre les établissements, entre les sites. Un décloisonnement qui est accompagné de la simplification du paysage de l’enseignement supérieur et de la recherche, ainsi que de l’impulsion d’une nouvelle dynamique de regroupement et de mutualisation entre universités, écoles et organismes de recherche, dans les territoires.

Il porte une ambition : l’ouverture de l’université sur son environnement, sur la société, au monde socio-économique, et à l’international.

Le renforcement de nos capacités de recherche, d’innovation et de formation, est la condition nécessaire pour assurer le développement des compétences et des technologies de demain, l’élévation du niveau de qualification et la capacité de notre pays à faire face aux exigences d’une société et d’une économie en pleine mutation.

3/ La recherche et la diplomatie scientifique pour soutenir la compétitivité

Le ministère des Affaires étrangères s’attache en priorité à favoriser la présence des chercheurs français dans les réseaux internationaux et celle des chercheurs étrangers en France. Il a pour principale mission de soutenir la compétitivité de la recherche française et européenne sur la scène internationale et d’appuyer la recherche pour le développement. En ce sens, il porte une attention particulière à la recherche menée avec les pays du sud. Il cherche également à renforcer ses partenariats avec les pays industrialisés dans des secteurs clés de la recherche et de l’innovation. Il est tourné vers les grands pays émergents avec lesquels il développe des programmes d’un haut niveau scientifique.

Parmi les programmes scientifiques bilatéraux, les Partenariats Hubert Curien (PHC) occupent une place privilégiée. Une soixantaine de ces partenariats sont mis en œuvre et font l’objet d’appels à propositions. La qualité scientifique, le caractère innovant et la formation des jeunes sont des critères déterminants dans la sélection des projets.

Les partenariats scientifiques régionaux ont pour objectifs de développer les capacités de recherche dans une zone géographique et de créer de nouveaux réseaux entre la France et les pays partenaires. Ainsi, les sciences et les technologies de l’information et de la communication, les mathématiques, la biologie ou la biodiversité font l’objet de programmes avec l’Amérique latine et l’Asie.

Avec les régions, des actions de coopération sont co-financées dans le cadre du programme « Action en région de coopération universitaire et scientifique « (ARCUS). Elles présentent le plus souvent un caractère interdisciplinaire.

Une attention particulière est portée à la recherche en sciences sociales et humaines et à l’archéologie à travers les 27 centres de recherche et les quelque 160 missions archéologiques que la France soutient à travers le monde.

La promotion de l’image scientifique de la France à l’étranger entre aussi dans les priorités du ministère. Des expositions destinées à promouvoir la science et la technologie française auprès du grand public sont diffusées à l’étranger.

La diplomatie ne se résume pas à la politique stricto sensu. La science, tout comme la culture, est aussi une dimension de la diplomatie française. Tel est le message qu’a voulu faire passer Hélène Duchêne, la directrice des politiques de mobilité et d’attractivité du ministère des Affaires étrangères, à l’occasion de la présentation, le 14 mars, d’un document de stratégie portant sur la diplomatie scientifique.

Celle-ci vise à développer la coopération avec les centres de recherche à l’étranger et à favoriser la mobilité des chercheurs français à l’international ou, à l’inverse, à faire venir des chercheurs étrangers en France. Elle s’opère en lien étroit avec le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, qui mobilise les chercheurs.

Une politique qui permet à la France, selon Hélène Duchêne, de tenir une position “très favorable”. En tant qu’actrice sur la scène internationale, “la France représente la 5e puissance au monde en termes de dépenses (47 milliards d’euros) et la 6e en termes de publications scientifiques avec 4,1 % des publications mondiales”, a-t-elle indiqué. Mais c’est une place qu’il faut consolider. “Nous vivons dans une société globalisée de la connaissance et la diplomatie doit accompagner le dispositif national de recherche, aider à l’internationaliser, pour contribuer au rayonnement de notre pays”, a expliqué la directrice, pour justifier l’action du ministère.

Exemplarité
De nombreux défis globaux, tels que le réchauffement climatique, la pénurie des ressources naturelles, dont la dimension scientifique n’est pas à démontrer, mais aussi le poids grandissant des pays émergents dans la compétition internationale, justifient cette place grandissante à accorder à la diplomatie scientifique, qui est aussi “facteur de croissance”, a souligné Hélène Duchêne.


Plusieurs axes sont privilégiés pour réaffirmer l’exemplarité de l’approche française : promouvoir la France comme nation scientifique, favoriser le dialogue Nord-Sud, aider les pays en sortie de crise (Libye, Afghanistan), telles sont quelques-unes des pistes creusées par le ministère, qui peut compter sur l’appui de 255 conseillers et attachés scientifiques d’ambassade, une soixantaine d’assistants techniques et 27 instituts de recherche regroupant 146 chercheurs.

Dernière modification : 22/03/2013

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