Enquête sur l’expatriation 2013

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Au 30 avril 2013, plus de 1 610 000 de nos ressortissants étaient inscrits au Registre mondial des Français établis hors de France, auxquels il faut ajouter les quelque 500 000 Français « non inscrits », signalés par les postes consulaires. Contribuant pour beaucoup au rayonnement et à la prospérité de notre pays à l’étranger, cette communauté connait une croissance manifeste, puisqu’elle comptait près d’un million de personnes inscrites à la fin 2001 ; elle reste cependant en partie méconnue. Pour sa quatrième édition, l’enquête de la Maison des Français de l’Étranger (MFE) a permis de recueillir le témoignage de près de 9 000 Français expatriés.

Le Registre procure à l’administration un certain nombre de données fondamentales relatives à l’état-civil des personnes inscrites (âge, sexe, lieu de résidence, double-nationalité etc.), qui demeurent cependant fragmentaires, s’agissant du profil social des expatriés, et notamment leur rattachement à une catégorie socioprofessionnelle. D’autre part, l’exploration du Registre laisse en suspens les interrogations sur la dimension proprement humaine de l’expatriation : quelles sont les motivations des Français choisissant de s’établir à l’étranger ? A quelles difficultés peuvent-ils être confrontés ? Quels regards portent-ils aujourd’hui sur la France ? Entre autres conclusions, l’enquête de la MFE indique que l’expatriation répond à des aspirations multiples, parfois complexes, qui ne sauraient être réduites à un simple calcul d’opportunité économique.

L’étude des résultats constitue l’occasion de procéder à une ambitieuse entreprise d’évaluation par les usagers de la qualité des services consulaires. La densité exceptionnelle du réseau consulaire français (au total plus de 230 postes consulaires, et plus de 500 agences consulaires – le réseau des consuls honoraires) ne constitue pas en soi une garantie de satisfaction pour nos ressortissants à l’étranger. La Direction des Français à l’étranger et de l’administration consulaire (DFAE) veille ainsi au respect d’un service de qualité à l’usager en termes d’accueil du public, de clarté de l’information fournie ou encore de respect des délais de traitement des dossiers annoncés : autant d’aspects de fonctionnement des services consulaires sur lesquels le panel des personnes consultées a été invité à porter une appréciation. L’évaluation a également porté sur la visibilité d’un certain nombre de sites Internet (France Diplomatie, MonConsulat.fr, sites des consulats etc.), qui contribuent à l’information des usagers du service public consulaire que met en œuvre le réseau des ambassades et consulats français à l’étranger.

Au final, les informations fournies par l’enquête de la MFE se révèlent particulièrement précieuses. Elles permettent de mieux cerner les besoins et les attentes des Français expatriés et d’identifier d’éventuelles vulnérabilités des dispositifs d’accueil et de traitement des demandes de nos consulats.
Le questionnaire de la MFE a été mis en ligne sur un site internet dédié, de la mi-septembre à la fin décembre 2012. Le panel des répondants à l’enquête se compose de 8 937 Français expatriés* ; pour mémoire, près de 3 400 personnes avaient participé à la précédente édition de l’enquête en 2010.
*Le terme étant entendu dans son acception la plus neutre : une personne de nationalité française vivant à l’étranger.

La MFE a assuré la publicité du questionnaire, relayée localement par les consulats et en liaison avec les associations de Français de l’étranger. La cellule statistiques de la DFAE a piloté la mise en place de l’enquête, puis réalisé le présent compte rendu.

Si l’enquête de la MFE confirme les tendances observées les années précédentes, rappelons sur le plan méthodologique que l’échantillon des personnes sondées ne constitue pas une représentation statistique exacte de la population française expatriée. De fait, le format de saisie de l’étude, fondée sur le volontariat et accessible uniquement en ligne, conduit à surreprésenter la catégorie des jeunes actifs expatriés, familiarisés avec le fonctionnement de l’Internet. Avec 54 % d’hommes et une majorité de personnes se situant dans la tranche d’âge 25-40 ans, le panel englobe une population plus jeune et masculine que celle inscrite au Registre ou vivant en métropole. Les double-nationaux ne représentent que 16,4 % du panel consulté contre 42 % des inscrits au Registre. Concernant la répartition géographique des expatriés, on observe également des variations entre les Français inscrits au Registre et ceux ayant participé à l’enquête. Ces derniers sont particulièrement nombreux en Afrique francophone (18 % du panel, contre 7,3 % sur le Registre), en Asie-Océanie (12 % de l’échantillon) mais restent sous-représentés au Proche et Moyen Orient (3 % des sondés contre 8,5 % sur le Registre) et surtout en Europe occidentale (31 %, contre plus de 49 % sur le Registre).

Parmi les éléments de contexte à prendre en compte, rappelons que la population française établie à l’étranger a évolué selon un taux de croissance annuel moyen stabilisé entre 3 % et 4 % ces dix dernières années. Pour les consulats, cela a représenté un volume total de nouveaux inscrits oscillant de manière générale entre 100 000 et 115 000 Français chaque année. Dans la majorité de ces cas, il s’agit d’une première expérience d’expatriation, impliquant pour les Postes un effort d’accompagnement supplémentaire. Indiquons également que la nature des fonctions exercées par les consulats s’est considérablement élargie et diversifiée au cours des dernières années.

Outre les services de « mairie » et de préfecture traditionnellement fournis par les postes consulaires (délivrance de CNIS, de passeports, d’actes d’état-civil etc.), ces derniers assurent également un rôle en termes d’attributions de bourses scolaires, pour soutenir l’accès à la scolarité des élèves français inscrits dans les lycées homologués par l’AEFE (près de 120 000 jeunes Français, sur le total des quelque 317 000 élèves scolarisés en 2013 dans le réseau AEFE), l’application des nouvelles procédures de recueil des empreintes à l’occasion du passage à la biométrie ; ils procèdent à des auditions systématiques en vue de la délivrance des certificats de capacité à mariage, tout en organisant, pour l’année 2012, une double échéance électorale : l’élection du Président de la République, mais également, pour la première fois, celle de onze députés élus par les Français de l’étranger venue compléter la représentation parlementaire de nos ressortissants établis hors de France.

Dans l’ensemble, il ressort de l’enquête de la MFE que les Français établis à l’étranger forment une communauté active, bénéficiant d’un bon niveau d’études. 79 % des expatriés interrogés possèdent un emploi et près de 57 % d’entre eux déclarent gagner plus de 30 000 € nets par an. Pour une très grande majorité des sondés, l’expatriation répond à une démarche volontaire dont le bilan est jugé largement positif. Seul un cinquième de l’échantillon affirme ne pas ou mal maîtriser la langue du pays de résidence, tandis que les difficultés majeures d’intégration à la vie sociale ou professionnelle semblent résiduelles, bien que les variations régionales restent ici importantes.

Tous les résultats de l’enquête :

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Enquête sur l’expatriation 2013

Dernière modification : 10/06/2013

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